Mardi-maman : un p’tit deuxième?

Mon fils à 2 ans

(Photo: Mon mini en 2011)

Dans notre société, il existe des questions qui, même si à priori semblent anodines, sont lourdes de bagages émotifs. Nous, les femmes, sommes à la merci de ces questions: nous nous les posons entre nous, et j’avoue que je ne comprends toujours pas en quoi elles consistent, dans l’fond.

Elles sont des poignards émotifs. Et je ne sais toujours pas comment réagir lorsqu’on me la pose (de plus en plus) régulièrement.

En voulez-vous un deuxième?

Anodin hein? Mais tellement personnel comme question. Je suis toujours super mal à l’aise de répondre ou de m’abstenir face à cette demande qui si on y pense, entre dans mon intimité.

Parce que la réponse n’est pas un simple oui ou non, parce qu’elle demande plus d’explications vu les nuances, parce que ça implique que je vous mette au point sur ma situation familiale, de couple, sexuelle, financière et de carrière. Tsé.

Parce que la première fois a été difficile. Pas le premier, remarquez, mon fils est mon plus grand trésor, mais bien la première fois, parce que nous avons été la statistique qui tue quand on a voulu fonder une famille.

Faque non, je crois qu’à partir de maintenant, JE REFUSE DE RÉPONDRE. Oui oui, vous aurez le droit à un moment de silence gênant et à un malaise senti, parce que je ne vivrai plus ce moment seule dans cet état. #zêtesaverties

[line]

Dans un autre ordre d’idées, voici des enfants uniques célèbres.

Les enfants uniques ne sont pas nécessairement solitaires ou égoïstes.

Le Ministre Barette veut mettre la hache dans le programme de procréation assistée avec le projet de loi 20: peut-on faire autrement que les mesures draconiennes qu’elle propose?

Bon mardis les mamans 😉

4 comments

  1. vparizeault says:

    Quelque chose que je n’ai pas mentionné dans le texte, c’est que le fait d’avoir et/ou de vouloir qu’un enfant est tabou et sous entend un problème quelconque. C’est la sacro-sainte règle «ne pas empêcher la famille» qui étaient imposées à nos grands-mères, parce que faire le CHOIX de n’avoir qu’un enfant est encore mal vu. L’avez-vous déjà ressentie, cette pression sociale?

    • Catherine Ouellet-Cummings says:

      Oui, mais surtout quand Henri était plus petit (vers, 3 ans, quand ça devenait « normal » qu’on pense à en avoir un deuxième). Ça a arrêté un peu maintenant – on se fait souvent dire qu’ils auraient « une trop grande différence d’âge de toute façon ». Peut-être aussi que c’est moi qui le remarque moins parce que, maintenant, j’assume pleinement mon choix. Je n’ai pas envie, comme toi, de me lancer dans des explications, alors je réponds clairement que non, pas pour l’instant, et je suis vraiment à l’aise avec ça. En même temps, je précise que ce n’est pas pour l’instant parce que, oui, je me réserve le droit de changer d’avis un jour. Après tout, pourquoi pas.

      Dernière précision à mon (long) commentaire, mon chum et moi sommes tous les deux enfants uniques et nous avons tous les deux beaucoup aimé ça. C’est clair que cela a influencé notre perception, au sens où, dès le départ, nous pensions qu’une famille avec un enfant, ça se pouvait, c’était déjà complet (ce que je veux dire, c’est que, comme nos références sont seulement des familles avec un enfant, on avait l’impression que c’était correct comme ça, alors la pression était moins grande. Mais en disant cela, je ne veux pas dire qu’avoir plusieurs enfants est « moins correct » ou « moins possible » – au contraire! – je veux seulement dire que, spontanément, quand je pense à une famille, l’image que j’ai, ce sont deux parents avec un enfant. Parce que mon « normal » à moi, c’est ça depuis toujours).

  2. Guest says:

    Et pour répondre à ton billet, moi aussi je trouve que c’est intime comme question. Surtout si elle est posée à la sauvette et que la table n’est pas mise pour une vraie discussion.

  3. Emilie says:

    Merci pour cet article Valérie… moi je n’en ai même pas un encore et la question qu’on me pose c’est « voulez-vous des enfants ? » ou « quand est-ce que vous nous faites un bébé ? ». Les gens ne se rendent pas compte à quel point cette question est, comme tu le dis si bien, un poignard planté en plein coeur, généralement par des étrangers. Avant, je répondais poliment, car je ne voulais pas passer pour la fille aigrie. Mais j’en ai marre qu’on s’occupe de mes ovaires, qu’on me demande quelque part si ma vie sexuelle va bien, alors je réponds : « ben on essaie, mais ça marche pas ». Malaise, sourire qui s’efface… je tourne les talons et hop on arrête de me bassiner avec ça. Je n’ai jamais compris l’obsession qu’ont les gens à vouloir savoir des choses aussi intimes et personnelles. ça ne regarde que mon mari et moi. Merci, au revoir !

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